lundi 9 novembre 2015

AUTOUR DU THÉÂTRE DE MICHEL VINAVER

Autour du théâtre de Michel Vinaver, quelques archives resurgissant des classeurs…

LES TRAVAUX ET LES JOURS (1979)



Les travaux et les jours (1979), mise en scène d'Anne-Marie Lazarini en 2001 à l'Artistic Athevains
Mise en scène de Robert Cantarella en 2003 au TEP.
Les travaux et les jours (1979), mise en scène d'Anne-Marie Lazarini en 2001 à l'Artistic Athevains (brochure de
présentation du spectacle).



A LA RENVERSE (1980)






L'ÉMISSION DE TÉLÉVISION (1988)






À compléter sur le fil du temps...


lundi 24 août 2015

La citation du jour (24 août 2015). Marc Dugain : Quinquennat

"Quinquennat" de Marc Dugain (Gallimard, 2015) est le deuxième volet de la Trilogie de l'Emprise. Cette trilogie trace un portait du monde politique en France, de ses ramifications et de ses méthodes. Dans cette citation, un journaliste, Terence, tente d'expliquer ce qu'il nomme la schizophrénie sociale.

"… on dépense plus pour tuer que pour soigner et maintenir en vie. Très peu de gens ont intérêt à dénoncer cette situation. La croissance, l'emploi, qui sont les saints du dieu marché, permettent de tout justifier. État, partis politiques, industriels, banquiers, syndicats, dès lors que leurs intérêts convergent, s'accordent facilement. D'autant que cette industrie de l'armement est le paravent, un prétexte à opacité, le mur légal derrière lequel a lieu la grande partouze du cynisme absolu. Si j'étais paranoïaque, je dirais que les complexes militaro-industriels alliés aux services secrets dirigent les nations et laissent aux politiques les vieux jouets obsolètes et la scène pour produite un spectacle qui hypnotise la presse et les foules par une gesticulation pendulaire. La politique est de plus en plus un cabinet d'aisances où se pratique l'incontinence verbale sans pudeur. Je n'aime pas l'idée qu'en créant des besoins sans cesse renouvelés on nous asservisse à consommer toujours plus, à nous reproduire toujours plus pour développer le marché, et qu'on nous éloigne résolument de l'essence de ce qui fait notre particularité, l'esprit, comme si celui-ci n'était que source de danger…
… On a l'impression qu'on maintient une partie du monde dans l'absolue pauvreté comme une menace à l'idéal petit-bourgois, pour montrer aux gens jusqu'où ils pourraient défaillir…Ce qu'ils ont, ils ont peur de le perdre et toute la politique fonctionne sur ce principe conservateur, de l'extrème gauche à l'extrème droite… (pp 281-282).

Une vision lucide dans ces ouvrages, même si ce deuxième volet est sans doute moins fort que le premier (dans lequel les protagonistes et leurs relations sont présentés). Hasard des lectures… À la suite de ces deux volets, j'ai lu "Soumission" de Michel Houellebecq. En dehors des quelques descriptions de ses rares instants de pratiques sexuelles, mortellement ennuyeuses, l'ensemble est bien mené. L'anticipation à court terme qu'il nous offre est totalement crédible, et présente un prolongement logique de la société politique d'aujourd'hui vue par Marc Dugain.


"Quinquennat", de Marc Dugain : si c'est ça, la classe politique...

lundi 13 juillet 2015

GermanopratIN Avignon 2015

GERMANOPRATIN AVIGNON

Question combien de fois entendue : "Ah, vous allez au Festival d'Avignon ? Mais vous allez au IN ?". Pas le temps d'expliquer pourquoi je n'y ai plus mis les pieds depuis de nombreuses années. Et puis il n'ont qu'à y aller voir ! Bien malins s'ils arrivent à découvrir dans la ville quelque chose qui indique qu'il s'y déroulerait un machin nommé "Festival d'Avignon IN". J'ajoute IN pour la forme, puisque bien entendu ils n'y a qu'un seul Festival d'Avignon. Les mille trois cent et quelques autres spectacles qui se déroulent quotidiennement ne sont que du bruit de fond.

J'exagère, un Festival doit se dérouler, quelque part, puisqu'un programme imprimé est disponible à l'Office du Tourisme et dans les hôtels. Y compris dans les hôtels où vous et moi pouvons descendre. Et où ne risquons pas de croiser justement des gens du IN. Nous n'habitons pas sur la même planète.

Restent deux possibilités si l'on veut en savoir un peu plus :

1 - Croiser un valeureux explorateur qui a assisté à UN spectacle du IN. Ça se fait. Le lendemain matin il est généralement réfugié, le visage fatigué, dans l'espace petit-déjeuner de son hôtel. Il peut être prof de français, parfois à la retraite, ou autre chose du même niveau social. Comme il fait partie de la catégorie de spectateurs qui ont payé leurs places, il est resté jusqu'au bout, même s'il s'est ennuyé à mourir. Dans ce cas, il racontera, à ses collègues ou amis qui l'ont rejoint, le spectacle des sièges qui se sont vidés durant la représentation. Des sièges d'invités qui n'ayant rien payé n'ont pas jugé nécessaire de lutter contre l'endormissement.

2- Se plonger dans le "programme", nous dirons celui de 2015 concocté par Monsieur Olivier Py. Celui qui se définie en toute modestie comme acteur, chanteur, écrivain poète et passeur de poètes, prenant tous les chemins possibles pour rencontrer une réponse fugitive à l'inquiétude latente.
Première évidence. Le théâtre est le parent pauvre de ce Festival. Il  est vrai qu'aujourd'hui pour prétendre répondre à l'inquiétude latente, il faut être philosophe et/ou chorégraphe. Pas un vulgaire théâtreux. La philosophie n'est-elle pas la chorégraphie de l'âme. À moins que ce soit l'inverse… Ou encore mieux performeur ou performeuse. C'est si joli la "performance", si IN dans la société marchande.

Mais comme vous ne lirez pas le dit programme, dont on ne saurait dire s'il est plutôt insipide ou plutôt désolant, j'ai glané au hasard un petit florilège de ce qui constitue la pensée GermanopratINe. Tout ceci un peu au hasard. Je n'ai pas fait une lecture exhaustive. Qui s'y risquerait !

PETIT FLORILÈGE DU PROGRAMME GERMANOPRATIN AVIGNON 2015.

"JB ouvre un horizon à travers une expérimentation langagière, une transe, une prophétie où le corps animé de forces contradictoires, entre déesse et esprit malin, se prête à toutes les transgressions. Elle défiera les mauvais esprits, cannibalisera le sens en jouant avec des corps métaphoriques" (p. 12)

"FPLL est une performance de théâtre documentaire construite à partir de textes de mouvements, d'images, de postures, de sons et d'archétypes prélevés dans le réel… RR et ses complices - la performeuse anglaise JA, le breakdancer français MG et le conférencier lotharingien GMH - nous propose un voyage poético-documentaire qui s'autorise nombre de pauses sur les images anecdotiques que nous ne pouvons zapper." (p. 14)

"Le questionnement politique sur la ségrégation sociale de la ville, les formes de la reconnaissance, la place de l'art dans l'espace public préparent une expérience mystique, existentielle, la découverte d'une énergie primitive et brute." (p. 19)

"Amour ; Assis sur des coussins ; Barthes Roland ; Basket-ball ; Béatitude ; Botanique ; Chorégraphie ; Coeurs intelligents ; Compréhension ; Courir ; Danse, la ; Dessin ; Éléments; Écrire des chansons ; Étend entendu ;…. (je saute un paquet de lignes !)… Sens, fabriquer du silence ; Surdité ; Symétrie ; Temps ; Texte, comme communication, comme partition, comme texture ; Titres, concevoir des ; Traduction ; Unisson ; Unités ; Woolf, Virginia;" (p. 33)

"L'histoire évidemment musicale, peut-être même opératique, s'appuie sur la question de l'accord et du tempérament de Pythagore. Son paradoxe : le cycle de quintes qui le fonde est impossible à clore. Un comma manque à la dernière. Le rapport mathématique est parfait et pourtant, dans son application, le cycle se décale en spirale" (p. 36)

Et pour finir en beauté, le "Vivier de noms" de Valère Novarina, coqueluche des salons théatroïdes.

"Le Vivier des noms est d'abord le tire d'un carnet de Valère Novarivna… S'y sont accumulés ce que l'auteur appelle logaèdres, logolithes, logogrammes et anthropoglyphes, une multitude de noms de personnages qui prolifèrent parfois d'eux-mêmes et qui jouent dans l'espace et dans le corps des spectateurs… En 1986, sa première mise en scène, Le Drame de la vie, laissait déjà libre cours au déploiement de 2587 noms, dans une entrée perpétuelle. Aujourd'hui, en cinquante deux scènes, ces "esprits verbaux", ces mille objets seront émis, énoncés, projetés, hasardés, risqués dans l'air par onze cents personnages appelés par leur noms- mais qui ne se montreront pas tous." (p. 15)


À quelques siècles de distances, à quoi vous fait fait penser ce jargon :
- Les médecins du Malade imaginaire ? Mais qui joue alors le rôle de Monsieur Purgon ? Et qui est Diafoirus ?
- Les Précieuses ridicules ?
- Autres (à compléter par vous mêmes),...




lundi 25 mai 2015

LA CITATION DU JOUR : ANDRÉ BRETON à propos de GEORGES DARIEN

Extraits d'un texte d'André Breton, à propos du roman "Le voleur" de Georges Darin. Le manuscrit d'A. Breton est signé du 7 mai 1951 et sera édité dans "Arts" en mai 1955, année de la redécouverte du texte et de sa réédition par J.J. Pauvert. Ce texte est repris comme préface de l'édition Juliard du Voleur en 1963, et chez 10-18 en 1971.

"… L'agressivité à l'égard de tous les groupements humains constitués (tant pour le maintien de la bourgeoisie que contre elle), que la société, de son vivant, ne pouvait manquer de lui faire payer cher, répond ici aux blessures de ce coeur trop grand et trop bien battant pour ne pas heurter en tous sens les parois de la cage. Qu'il ait pu dire que "les yeux d'un écrivain, pour être clairs, doivent être secs" ne saurait en imposer pour la dureté, sauf dans la volonté d'agir. Ne peuvent prétendre à cette clarté des yeux confinant à la clairvoyance que ceux qui, comme Swift ou Darien, ont d'emblée été soulevés par l'indignation. A ce niveau, le leur, toute la morale de pacotille qui continue à avoir cours n'offre, on s'en doute, aucune résistance…
… Nulle (La vie de Darien) n'a été plus jouée, à ses risques et périls, contre le crime militaire, la lugubre mascarade religieuse et autres formes d'ignominie bourgeoise, aussi bien que contre les perspectives de dictature étatique, qui ont donné leur sinistre mesure depuis lors. Son oeuvre, qui ne fait qu'un avec elle, se situe aux antipodes de la "littérature", au sens où les poètes peuvent l'abhorrer. Elle est le plus rigoureux assaut que je sache contre l'hypocrisie, l'imposture, la sottise, la lâcheté. Darien, homme révolté s'il en fût — qu'Albert Camus s'évertuerait bien vainement à faire passer sous sa toise — reste à ce jour la plus haute incarnation de l'Unique qu'a voulu Stirner : celui qui du premier au dernier jour a aspiré à être "l'homme libre sur la terre libre".