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mercredi 18 avril 2018
Les secrets de l'Espingouin...
Reproduit de LE BILLET CULTUREL D'ANDUZE : https://anduze-culture.blogspot.fr/2018/02/les-secrets-de-lespingouin-enfin-reveles.html?spref=fb
Le roman : https://complices-editions.eu/c/auteurs/michel-caron
samedi 4 juin 2016
DE L'ESPINGOUIN... AU DIABLE NOIR
"… A quoi
bon dévoiler une face cachée que tout le monde ignore depuis si
longtemps ? Out of this world… le diable noir. Quand je pense que c’est
comme ça qu’on m’appelait !"
Qu'est l'espingouin devenu ?, page 27
« Je porte le noir pour les pauvres et les opprimés, vivant dans les quartiers misérables et sans espoir de la cité ; je le porte pour les prisonniers qui ont depuis longtemps payé pour leur crime ; on les garde enfermés, notre époque en fait des victimes1. »
1. I wear the black for the poor and the beaten down, Livin' in the hopeless, hungry side of town; I wear it for the prisoner who has long paid for his crime, But is there because he's a victim of the times.
Paroles de Man in Black (Johnny Cash, 1971)
Le personnage de Robert, dit le diable noir, joue un rôle central dans la novella "Qu'est l'espingouin devenu ?". Mais pourquoi ce surnom. A vrai dire pas de réponse ! Celui-ci s'est imposé comme une évidence. Si le personnage est composite, présentant des caractères de différents chanteurs et/ou musiciens… et bien d'autres purement imaginaires, aucun de ceux qui l'ont inspiré n'a jamais porté un tel surnom. Dans la notion de "diable", on peut trouver une transposition du "rebel" sudiste qui traverse toute une frange du cinéma américain avec en première ligne le Josey Wales de Clint Eastwood. Cette référence se retrouvera dans toute une lignée de chanteurs et groupes, souvent associée à la couleur noire du vêtement (cf. la citation de J. Cash). Gene Vincent, le rebelle en cuir noir, fût sans doute celui qui la personnifia le plus. Sa tenue de scène, de cuir noir porté à même la peau, devint légendaire (bien qu'il ne la porta finalement que pendant une faible partie de sa carrière), au point où elle fut copiée et reprise par de nombreux artistes (en particulier en France par Vince Taylor). Pour se mettre dans l'ambiance, avant… pendant… ou après la lecture, c'est donc à retrouver ou découvrir quelques ancêtres de mon "diable noir" que je voudrais vous convier.
Qu'est l'espingouin devenu ?, page 27
« Je porte le noir pour les pauvres et les opprimés, vivant dans les quartiers misérables et sans espoir de la cité ; je le porte pour les prisonniers qui ont depuis longtemps payé pour leur crime ; on les garde enfermés, notre époque en fait des victimes1. »
1. I wear the black for the poor and the beaten down, Livin' in the hopeless, hungry side of town; I wear it for the prisoner who has long paid for his crime, But is there because he's a victim of the times.
Paroles de Man in Black (Johnny Cash, 1971)
Le personnage de Robert, dit le diable noir, joue un rôle central dans la novella "Qu'est l'espingouin devenu ?". Mais pourquoi ce surnom. A vrai dire pas de réponse ! Celui-ci s'est imposé comme une évidence. Si le personnage est composite, présentant des caractères de différents chanteurs et/ou musiciens… et bien d'autres purement imaginaires, aucun de ceux qui l'ont inspiré n'a jamais porté un tel surnom. Dans la notion de "diable", on peut trouver une transposition du "rebel" sudiste qui traverse toute une frange du cinéma américain avec en première ligne le Josey Wales de Clint Eastwood. Cette référence se retrouvera dans toute une lignée de chanteurs et groupes, souvent associée à la couleur noire du vêtement (cf. la citation de J. Cash). Gene Vincent, le rebelle en cuir noir, fût sans doute celui qui la personnifia le plus. Sa tenue de scène, de cuir noir porté à même la peau, devint légendaire (bien qu'il ne la porta finalement que pendant une faible partie de sa carrière), au point où elle fut copiée et reprise par de nombreux artistes (en particulier en France par Vince Taylor). Pour se mettre dans l'ambiance, avant… pendant… ou après la lecture, c'est donc à retrouver ou découvrir quelques ancêtres de mon "diable noir" que je voudrais vous convier.
mercredi 3 décembre 2014
Dernières lectures, archives du P'tit Ecrivain
Retrouvez l'original de ces commentaires sur le site du P'tit Ecrivain : http://www.le-ptit-ecrivain.fr/Dernieres-lectures-archives.html#qu-est-l-espingouin-devenu
Pour se procurer "Qu'est l'espingouin devenu ?" : http://caronmichel.blogspot.fr/2012/11/quest-lespingouin-devenu.htmlhttp://caronmichel.blogspot.fr/2012/11/quest-lespingouin-devenu.html
dimanche 7 septembre 2014
Qu'est l'espingouin devenu
Dans un entretien paru dans Le Monde du 17 mai 1974 à propos du roman Laissez bronzer les cadavres (Editions Gallimard, 1971), Jean-Patrick Manchette insistait sur la nécessité d'établir une liste d'incidents telle qu'il se passe toujours quelque chose. Une contrainte voisine s'est imposée durant l'écriture de "Qu'est l'espingouin devenu". J'espère que le rythme de l'écriture qui en résulte entraînera le lecteur et suscitera son imagination. Mais laissons la parole au narrateur :
Particuliers, Médiathèques. Commandez ce livre :
- en vente directe chez l'auteur (michelcaron30@gmail.com) par chèque de 13 € à la commande (frais d'expédition offerts).
Lire les premières pages
"L’idée d’écrire l’histoire de
l’Espingouin m’est venue à la suite d’une conversation avec un ami, à la
terrasse d’un bistrot crasseux dans
une ville du Nord du Mexique. Je profitais d’un voyage d’affaire en France
pour me présenter à son dernier domicile connu. J’allais y faire la
connaissance du locataire actuel, Robert. Le faire parler fut toute une
histoire. Je fus accueilli par un
écriteau « Si vous passez devant chez moi ! N’entrez pas ! Ne
tapez pas à ma porte ! ». Finalement, Robert allait me confier ce
qu’il avait glané dix ans auparavant sur l’Espingouin. D’après un de ses
anciens camarades bien placé dans une sous-préfecture et bénéficiant de
relations utiles, l’affaire aurait été liée à une collaboration entre polices
espagnole et française portant sur un vieux dossier classé « sans
suite ». Mais était-ce si simple ? Et qui était vraiment
Robert ?" (4ème de couverture de "Qu'est l'espingouin devenu").
74 pages - ISBN : 9782748398113
Particuliers, Médiathèques. Commandez ce livre :
- en vente directe chez l'auteur (michelcaron30@gmail.com) par chèque de 13 € à la commande (frais d'expédition offerts).
Lire les premières pages
vendredi 31 janvier 2014
LECTURE D'EXTRAITS DE "QU'EST L'ESPINGOUIN DEVENU ?"
Lecture d'extraits de
Qu'est l'espingouin devenu ?
Lecteur : M. Caron; musicien : E. Von Klahn; Vidéo : L. R. Caron.
Enregistré le 12/10/2013 à la médiathèque d'Alès
jeudi 21 novembre 2013
L'ESPINGOUIN A TV SUD
Extraits de l'émission Les Aléas du Direct, sur la chaîne TV SUD (Camargue Cévennes). Emission enregistrée le 5 novembre 2013 et diffusée le 8 novembre.
jeudi 31 octobre 2013
Autour de l'Espingouin… et du cinéma
" Je crois que je ne dois rien à aucun écrivain. Ce qui m'a influencé, c'est le cinéma. Ah ! ça, le cinéma, je le connais. Le music-hall aussi et puis les journaux, les journaux illustrés principalement. Au fond, mon livre, c'est, en bien des endroits, une sorte de reportage comme on en trouve dans les magazines.
Et même, est-ce bien du reportage ? Les souvenirs des choses que j'ai vues dans ma vie ne comptent pas tant que cela. Ce ne sont que des points de départ, des prétextes qui me fournissent l'occasion de noter mes rêves. "
L.F. Céline.Interview avec Charles Chassé, La Dépêche de Brest et de l'Ouest, n°18187, 11 octobre 1933.
Une citation parmi d'autres mettant en évidence l'impact de l'écriture cinématographique sur l'écriture romanesque. De l'écriture, ou plutôt des écritures cinématographiques.
Pourrait-on par exemple séparer écritures et atmosphères du film noir et du roman noir. D'un côté, le rythme, le montage, les changements d'angles de prise de vue et les coupures nettes entre les plans. De l'autre une écriture nerveuse, des phrases courtes,… D'un côté la peinture d'un milieu dont on a l'illusion de connaître les codes, ses zones d'ombres et ses lumières un peu glauques. De l'autre la possibilité de ne pas s'encombrer de longues descriptions d'atmosphères et de décors que l'on reconnaîtra parfois sans les avoir jamais rencontrés.
ESPINGOUIN… ET CINEMA AMERICAIN
Dans "Qu'est l'espingouin devenu ?", l'influence cinématographique pèse sur les épaules d'un des personnages : Gene Robert. Laissant au lecteur le soin de découvrir l'importance de cette influence, je me contenterais de signaler que deux épisodes importants de sa vie font références à deux oeuvres du cinéma noir américain :
- Johnny eager (1941) de Mervyn LeRoy, tourné d'après un livre de James Edward Grant, interprété par Robert Taylor.
- King Creole (1958) de Michael Curtiz, basé sur la nouvelle d'Harold Robbins "A stone for Danny Fisher", premier et dernier bon film interprété par Elvis Presley.
- King Creole (1958) de Michael Curtiz, basé sur la nouvelle d'Harold Robbins "A stone for Danny Fisher", premier et dernier bon film interprété par Elvis Presley.
vendredi 7 juin 2013
Autour de l'espingouin… et de trois petites notes de musique
De la musique avant toute chose…
Et tout le reste est littérature
Paul Verlaine (Art Poétique)
Toute écriture a sa musique, ses musiques… Celles de l'auteur et celles du lecteur. Parfois elles se rejoignent, parfois l'auteur anticipe les réactions du lecteur en lui fournissant quelques pistes qu'il espère voir saisir.
Il arrive souvent en entendant une chanson que l'on se dise qu'elle va nous coller à la peau et que l'on ne pourra pas s'en débarrasser de la journée. On se dit "de la journée", mais en fait on ne pourra jamais s'en débarrasser ! Et pourtant, il ne s'agit généralement pas d'un chef d'oeuvre d'écriture. On peut parfois se rassurer en mettant cela sur le compte du bourrage de crâne. Mais il y a des quantités d'airs, de chansons, pour lesquels on subit un bourrage de crâne sans que ceci ne laisse aucune trace ! Laissons de côté les produits musicaux uniquement commerciaux. et prenons un exemple. De nombreux poèmes de Prévert ont été mis en musique… Pourquoi ce sort particulier réservé aux "Feuilles mortes". Ah, je voudrais tant que tu te souviennes… et on s'en souvient ! Les Feuilles mortes sont-elles le meilleur poème de Prévert, le plus original ? Relisons-le. On en est loin. Pire… ça fonctionne aussi très bien traduit en anglais ! J'oserais une explication. Ce qui fonctionne dans ce poème c'est sa musicalité. Il y a la musique que Cosma a mis sur les vers, bien sûr, mais si cette musique disait autre chose que le poème lui-même, elle serait cacophonique. On est dans une de ces rares situations où l'auteur, le compositeur, et l'auditeur, ont entendu… entendent, une même musique… De la musique avant toute chose !
Un bien long préambule pour parler d'autre chose ! Dans la limite où il s'agit vraiment d'autre chose. A posteriori, je m'aperçois que la musique a en partie guidé mon écriture lorsque j'écrivais "Qu'est l'espingouin devenu ?". A cause du sujet (seuls ceux qui l'ont lu peuvent comprendre !) bien entendu. Aussi parce qu'ayant toujours écouté beaucoup de musique, j'ai une tendance à coller un air sur une situation. Un des ces airs qui vous collent à la peau justement. Dans le texte, certaines musiques ne sont pas directement suggérées. D'autres sont au contraire ouvertement affirmées, citées. Mais pourquoi celles-ci, quel automatisme les a fait sortir comme une évidence des touches du clavier de l'ordinateur ?Je me garderais bien de tenter une réponse. Je me limiterais à revenir sur trois airs, trois petites notes de musique, qui pourraient constituer la bande sonore du livre.
Ay Carmela
La première partie du récit, celle qui concerne directement l'espingouin, évoque la Guerre d'Espagne. Il y a pour moi quelque part un problème concernant le lien entre la musique/chanson et cet évènement. Beaucoup de grands évènements, de mouvement sociaux importants, ont leur folklore chanté. C'est beaucoup moins clair ici. Pourtant la Guerre civile espagnole a été accompagnée/suivie d'une émigration massive mais je n'ai jamais eu le sentiment d'y retrouver une mémoire chantée des évènements. Je tenterais deux explications pour ce qu'elle valent. D'abord, les conditions dramatiques de cette émigrations, le caractère concentrationnaire de l'accueil des réfugiés. Ensuite, et peut-être surtout, les antagonismes internes au camp des vaincus (les "républicains") qui rendaient improbable une culture chantée commune à l'ensemble de ses composantes.
Il existe bien sûr des disques, des anthologies de chants de la Guerre d'Espagne, mais quelle est la réalité de ces chansons dans l'affrontement social de l'époque ? De nombreux commentaires insistent sur les fait (?) qu'elles étaient chantées à l'époque. Mais comme les mêmes commentaires sont souvent truffés d'inexactitudes historiques (quand ce n'est pas de calomnies), jusqu'à preuve du contraire je me méfie de leurs affirmations. Je fais mienne la réflexion de George Orwell précédemment citée dans ce blog :
"Très tôt dans ma vie j'ai remarqué qu'aucun évènement n'est rapporté correctement dans les journaux, mais en Espagne pour la première fois, je vis des comptes rendus sans aucun rapport avec les faits."
Ceci dit, une chanson sort du lot : Ay, Carmela (originellement El paso del Ebro).
"Très tôt dans ma vie j'ai remarqué qu'aucun évènement n'est rapporté correctement dans les journaux, mais en Espagne pour la première fois, je vis des comptes rendus sans aucun rapport avec les faits."
Ceci dit, une chanson sort du lot : Ay, Carmela (originellement El paso del Ebro).
Caractéristique qui fait le lien avec ce que j'ai dit plus haut : la chanson n'est pas issue directement des années 30, mais de la guerre de 1808 contre l'invasion napoléonienne. Sa réactualisation durant la Guerre Civile permettait à chacun, en fonction de son opinion, d'y introduire de multiples variantes.
Peu d'adaptations françaises de ce titre. Guy Debord en écrira anonymement une version ("attribuée" à un membre membre du groupe des Amis de Durruti, cité p.15 dans "Qu'est l'Espingouin devenu ?"), sous le titre Les Journées de mai. Le texte est centré sur les évènements de mai 1937 à Barcelone. La chanson est interprétée par Jacqueline Danno, chanteuse (surtout connue comme telle dans les années '60) et comédienne, sous le pseudonyme de Vanessa Hachloum. Le titre produit sur un vinyl en 1974, sera réédité en CD en 1998, et est aujourd'hui accessible sur de nombreux sites Internet. Si la version de Debord est souvent cataloguée "détournement", elle ne l'est finalement pas plus que les différentes versions qui ont pu circuler durant la Guerre Civile.
La chanson "Ay Carmela" inspirera dans les années '80 le dramaturge espagnol José Sanchis Sinisterra. Sa pièce raconte comment une troupe de théâtre ambulant, constituée par Carmela, Paulino et Gustavete, parcourant dans sa roulotte l'Espagne de la guerre civile, traverse le front et passe sans le savoir du côté républicain au côté franquiste. Lorsque les troupes franquistes les capturent, ils doivent improviser un spectacle théâtral en l’honneur de l'armée fasciste, qui s’achèvera en tragédie.
La pièce sera connue en France grâce au succès largement mérité de la mise en scène de Pierre Chabert (interprétation Jean-Marie Galey et Térésa Ovidio). Elle sera jouée au Théâtre du Lucernaire durant tout l'hiver 1994/1995. Son triomphe se confirmera durant le festival d'Avignon 1995 durant lequel la pièce sera jouée au Théâtre du Balcon, avant d'être reprise à nouveau au Lucernaire en août-septembre.
Au niveau international, Carlos Saura réalisa en 1989 un film inspiré de la pièce de Sinisterra.
Between the devil and the deep blue sea
Je voudrais maintenant revenir sur deux chansons qui sont nominalement citées dans "Qu'est l'espingouin…".En commençant par la première : Between the devil and the deep blue sea (citée page 29).
J'ai entendu pour la première fois cette chanson sur le disque vinyl 25 cm "Memorial album" de Warren Smith (publié peu de temps après son décès prématuré en 1980) sur le label français Big Beat Records.
Il est communément admis que cette chanson a été composée par Harold Arlen et Ted Koehler, pour la revue du Cotton Club1, Rythm-mania (mars 1931), où elle était interprétée par Aida Ward, et qu'elle fût pour la première fois enregistrée par Cab Calloway en octobre de la même année. Elle a été ensuite été reprise par un nombre astronomique de chanteurs américains. Une liste (incomplète) de ses interprètes est disponible sur http://www.secondhandsongs.com/work/65381.
Ceci dit, on trouve des informations contradictoires concernant les auteurs. Ainsi sur certains sites internet, on trouve mentionnés entre autres Duke Ellington, Manny Kurtz, Inrving Mills, et sur la pochette du disque de Warren Smith un certain A. Roland ! Faut-il y voir un effet du flou qui a souvent entouré aux states la propriété artistique ?
Toujours est-il que ce titre renvoie à une des questions de mon introduction. Pourquoi ce titre, qui n'est un chef d'oeuvre ni par son texte ni par sa mélodie a-t-il été si souvent repris et enregistré ? Et à un niveau plus personnel, pourquoi ai-je a priori considéré qu'il tenait une place importante pour certains personnages de "Qu'est-l'espingouin…" (… je ne vous en dirais pas plus) ? En ce qui me concerne, je suis persuadé que le titre de la chanson a joué un rôle plus déterminant que la chanson elle-même. Ces mots (between the devil…) sont déjà eux-mêmes de la musique ! De plus, il s'agit d'une expression idiomatique sans vrai équivalent littéral strict en français, au niveau du sens mais encore plus au niveau de la sonorité, de la petite musique qui le porte… De la musique avant toute chose !
1 A propos du Cotton club, cf. le film de 1984 de Francis Ford Coppola.
Trouble
De devil à evil1… il n'y a qu'un pas. Et quelques pages de "Qu'est l'Espingouin…" Celles qui séparent la page 29 de la page 34. Comme une transition entre la fin du commencement et le commencement de la fin !
Leiber et Stoller étaient des auteurs compositeurs à succès, très "inspirés" (et parfois un peu plus). Trouble reprend un thème rythmique (une forme de "stop time figure") popularisé par Muddy Waters - il suffit d'écouter Hoochie Coochie Man (1954), Mannish boy / I'm a man (1955) - et inspiré de Willie Dixon et Bo Diddley.
Il est probable que la chanson censée obtenir le plus grand succès était celle qui reprenait le titre du film King Creole, mais c'est finalement Trouble qui emporta les suffrages. Le reprise d'un thème non seulement déjà connu, mais dont l'efficacité musicale n'était plus à démontrer y est certainement pour quelque chose.
Dans le film, Danny Fisher (Elvis Presley) travaille comme serveur dans un night-club à le mode, et un chef de gang local lui ordonne de chanter dans sa boîte… le King Creole. Ceci explique que "Danny" semble quelque peu mal à l'aise (et engoncé dans son costume) quand il interprète sa chanson. On est loin de l'image du rebelle dont parle la chanson.
1. cf. le refrain de Trouble : Because I'm evil, my middle name is misery….
Plus sur :
- https://www.facebook.com/pages/Quest-lespingouin-devenu-/
- http://caronmichel.blogspot.fr/
mardi 4 juin 2013
Autour de l'Espingouin… et des livres
"La lutte pour le pouvoir qui mettait aux prises les divers partis politiques espagnols est une chose bien triste qui est maintenant bien loin de nous et que je n'ai pas envie de ressusciter aujourd'hui. J'y fais allusion uniquement pour apporter cette précision : ne croyez rien, ou presque rien, de ce que vous lisez à propos des affaires intérieures de l'Espagne républicaine. Toute la littérature, d'où qu'elle vienne, n'est que propagande de parti, autrement dit des mensonges. La vérité est très simple. La bourgeoisie espagnole y a vu l'occasion d'écraser le mouvement ouvrier et l'a saisie, aidée en cela par les nazis et par les forces conservatrices du monde entier…
Très tôt dans ma vie j'ai remarqué qu'aucun évènement n'est rapporté correctement dans les journaux, mais en Espagne pour la première fois, je vis des comptes rendus sans aucun rapport avec les faits. J'ai lu des descriptions de grandes batailles là où il n'y avait pas eu de combats, et noté un silence absolu sur des affrontements où des centaines d'hommes avaient trouvé la mort… J'ai pu observer comment on a écrit l'histoire non pas en fonction de ce qui s'était passé dans la réalité mais de ce qui aurait dû se passer selon les directives des divers partis."
George Orwell : A propos de la guerre d'Espagne (Looking Back on the Spanish War, 1943 (in George Orwell, Trois essais sur la falsification, Editions 13bis, 1987)
« Après ce que j’ai vu en Espagne j’en suis venu à la conclusion qu’il est vain de vouloir être antifasciste tout en essayant de préserver le capitalisme. Le fascisme, après-tout, n’est qu’un développement du capitalisme, et la démocratie la plus libérale – comme on dit – est prête à tourner au fascisme à la première difficulté. »
George Orwell, dans Hommage à la Catalogne.
Comme l'indique le titre du livre "Qu'est l'espingouin devenu ?", ce récit à un lien avec l'Espagne. Un évènement majeur pour ce pays durant le XX° siècle a été la Guerre d'Espagne, à l'aube de la 2ème Guerre Mondiale. Si ma génération n'est pas contemporaine de cet évènement, il a tout de même fait partie de son histoire au travers de la génération précédente. Dans celle-ci, nombreux sont ceux qui ont traversé la frontière dans la perspective de participer aux mouvements sociaux en cours, et encore plus nombreux furent les espagnols (… les "espingouins"), qui franchirent la frontière dans l'autre sens (émigrations politiques, économiques,…) pour se réfugier en France, en particulier dans le sud et dans la région parisienne.
Très tôt dans ma vie j'ai remarqué qu'aucun évènement n'est rapporté correctement dans les journaux, mais en Espagne pour la première fois, je vis des comptes rendus sans aucun rapport avec les faits. J'ai lu des descriptions de grandes batailles là où il n'y avait pas eu de combats, et noté un silence absolu sur des affrontements où des centaines d'hommes avaient trouvé la mort… J'ai pu observer comment on a écrit l'histoire non pas en fonction de ce qui s'était passé dans la réalité mais de ce qui aurait dû se passer selon les directives des divers partis."
George Orwell : A propos de la guerre d'Espagne (Looking Back on the Spanish War, 1943 (in George Orwell, Trois essais sur la falsification, Editions 13bis, 1987)
« Après ce que j’ai vu en Espagne j’en suis venu à la conclusion qu’il est vain de vouloir être antifasciste tout en essayant de préserver le capitalisme. Le fascisme, après-tout, n’est qu’un développement du capitalisme, et la démocratie la plus libérale – comme on dit – est prête à tourner au fascisme à la première difficulté. »
George Orwell, dans Hommage à la Catalogne.
Hommage à la Catalogne
Comme l'indique le titre du livre "Qu'est l'espingouin devenu ?", ce récit à un lien avec l'Espagne. Un évènement majeur pour ce pays durant le XX° siècle a été la Guerre d'Espagne, à l'aube de la 2ème Guerre Mondiale. Si ma génération n'est pas contemporaine de cet évènement, il a tout de même fait partie de son histoire au travers de la génération précédente. Dans celle-ci, nombreux sont ceux qui ont traversé la frontière dans la perspective de participer aux mouvements sociaux en cours, et encore plus nombreux furent les espagnols (… les "espingouins"), qui franchirent la frontière dans l'autre sens (émigrations politiques, économiques,…) pour se réfugier en France, en particulier dans le sud et dans la région parisienne.
Pour les plus jeunes, extérieurs à cette continuité générationelle, comprendre ce que fut cette période cruciale de l'histoire de l'Espagne ne peut être que plus ardu. Les écrits y faisant référence pourraient remplir une bibliothèque et s'y retrouver n'est pas une tâche aisée. De fait, il faut généralement déjà connaitre l'histoire de la guerre d'Espagne, les organisations en présence pour en tirer quelque chose.
S'il fallait donc recommander un seul livre pour approcher cette période, ce serait sans doute l'"Hommage à la Catalogne" (Homage to Catalonia) de George Orwell. Le récit d'Orwell s'appui sur sa propre expérience en Catalogne et Aragon en 1936-37. Publié en Angleterre en 1938, il faudra attendre 1955 pour qu'elle soit traduite et publiée en France (sous le titre La Catalogne Libre, chez Gallimard). La même traduction, mais sous son vrai titre, sera réédité - comme les autres principales oeuvres d'Orwell - en 1982 aux Editions Champ Libre, puis plus récemment en format poche chez 10/18.
Hommage à la Catalogne a inspiré le film de Ken Loach sorti en 1994, Land and Freedom.
Hommage à la Catalogne a inspiré le film de Ken Loach sorti en 1994, Land and Freedom.
dimanche 2 juin 2013
Qu'est l'espingouin devenu ? La vidéo.
La bande annonce de "Qu'est l'Espingouin Devenu ?".

http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748398113

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