lundi 27 avril 2020
mardi 7 avril 2020
Ne pas écrire sur le confinement
Ne pas écrire sur le confinement…
Chronique des confins (20)
Michel Caron
.
Un jour, une écriture – Le confinement porte en lui-même
une intimité, une profondeur dont peuvent se saisir les écrivains et les
écrivaines, notamment de théâtre et de poésie. Nous les avons
sollicités, afin qu’ils offrent généreusement leurs mots, leur écriture
des confins… Derrière l’humour qui inonde les réseaux sociaux, il y aura
toujours besoin d’une parole qui porte un désir, une attente, un
espoir, du sens.
.
Ne pas écrire sur le confinement.
Une promesse que je me suis faite le 20 mars 2020.
Et puis le temps.
La réflexion.
Un retour sur mes écritures d’avant. Des thèmes qui s’entrecoupent : la
nuit, l’enfermement. Un confinement qui conduit souvent à la mort. Celle
que l’on subit ou celle que l’on donne.
Parfois la mort qui conduit à l’enfermement. Comment ne pas y songer
lorsque l’on porte le nom du fils des Ténèbres et de la Nuit.
« Caron, avec des yeux que la colère enflamme,
Les pressait tour à tour et pressait de sa rame,
Tous ceux qui paraissaient tarder trop à partir. » (Dante, Inferno)
Ma promesse s’est transformée : ne pas écrire sur mon confinement. Ne
pas céder à cette soif de partager en toute urgence, sur les réseaux
dits sociaux ou ailleurs, des épisodes fanés de son passé. Comme si
quelque chose nécessitait de concourir à ce que les journalistes nomment
la viande froide. Sa propre viande froide, sa nécrologie vivante.
Plutôt la vie de la forêt qui me fait face. La glycine blanche qui se couvre de coléoptères.
« Je cherche en vain une raison à pareille joie, mais je ne
trouve rien et ne peux que rester dans l’étonnement. Je crois que le
secret n’est rien d’autre que la vie elle-même ; l’obscurité profonde de
la nuit est belle et douce comme du velours, si l’on sait bien la
regarder. » (Rosa Luxemburg, Prison de Breslau, décembre 1917)
Il me faut laisser resurgir les projets d’écriture laissés de côté.
Ou bien les abandonner, ne pas s’en encombrer pour laisser toute sa
place à l’imagination.
À la liberté.
À l’inattendu.
Au refus de la soumission à l’actualité.
Écrire sur un aujourd’hui qui s’étire nonchalamment des premiers récits mythologiques à demain matin. Ou un autre matin.
Écrire pour le tiroir. Et pour ceux qui en sont absents, qui peut-être
sont morts la nuit dernière ou il y a plusieurs siècles. Ceux pour qui
ce n’est réellement pas une priorité. Qui ont du mal à comprendre que
l’on puisse écrire dans de telles circonstances.
Écrire le silence et les bruits de la nuit.
La lumière et les ténèbres.
La vie.
vendredi 7 février 2020
Entrée d'auteurs, mars 2020
Très heureux d'avoir été sélectionné par les enseignants du Conservatoire de Nîmes à l'occasion de cette seconde "Entrée d'Auteurs" programmée par la scène nationale du Cratère d'Alès.
Une soirée sur le thème de L'Entreprise qui va comme un gant à ma pièce La Chemise. Il ne manque à mon bonheur que de voir un metteur en scène s'intéresser à ce texte et le porter au plateau.
Pour se procurer le texte de la pièce, cliquer sur ce lien.
Pour me contacter.
vendredi 10 janvier 2020
D'un Dialogue aux Enfers,… l'autre...
« Écoutez-moi et vous en jugerez. Il s'agit moins aujourd'hui de violenter les hommes que de les désarmer, de comprimer leurs passions politiques que de les effacer, de combattre leurs instincts que de les tromper, de proscrire leurs idées que de leur donner le change en se les appropriant. » (Propos prononcés par Machiavel dans le texte de Maurice Joly)
1983 - Le Petit Odéon (alors annexe de la Comédie Française) programme une adaptation par Pierre Franck du texte de Maurice Joly "Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu". Tout concoure à en faire un grand moment de théâtre : l'adaptation, la mise en scène dont la simplicité rivalise avec l'efficacité, et les deux comédiens : Michel Etcheverry et François Chaumette… époustouflant. Sans oublier bien entendu le texte de Maurice Joly, dont peu se souviennent qu'il conduisit son auteur en prison,… puis finalement au suicide.
Et puis finalement, j'en suis venu à me poser une question : que serait aujourd'hui l'enfer dans lequel pourrait s'affronter deux maîtres de la dialectique politicienne. Ceci ne pouvait que peser sur l'utilisation faite du texte de Maurice Joly.
LA CHEMISE
Une comédie grinçante sur les rapports "humains" dans le milieu de l'entreprise.
10 euros + 2 euros de participation aux frais d'expédition.
Éditions LES MANDARINES
Kergouarec, 56400 BREC’H - FRANCE
http://lesmandarines.free.fr http://lesmandarines.free.fr/commande.html
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