mardi 11 novembre 2014
mardi 28 octobre 2014
AUTOUR DE L'OPÉRA DE QUAT'SOUS (2)
Suite des documents autour de L'Opéra de quat'sous et de deux mises en scène.
La mise en scène de Christian Schiaretti, créée au TNP-Villeurbanne le 18 novembre 2003, avec les "songs" originaux chantés en allemand. Documents ci-dessous issus des représentations au Théâtre de la Colline en Septembre-octobre 2004.
Et celle de Johanny Bert (Cie théâtre de Romette) mêlant marionnettes et comédiens en 2008.
La mise en scène de Christian Schiaretti, créée au TNP-Villeurbanne le 18 novembre 2003, avec les "songs" originaux chantés en allemand. Documents ci-dessous issus des représentations au Théâtre de la Colline en Septembre-octobre 2004.
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| Kurt Weill à propos de l'Opéra de quat'sous. |
Et celle de Johanny Bert (Cie théâtre de Romette) mêlant marionnettes et comédiens en 2008.
mardi 14 octobre 2014
AUTOUR DE L'OPÉRA DE QUAT'SOUS (1)
Autour du travail sur Brecht et L'Opéra de Quat'sous que font ce trimestre les participants à l'atelier de formation théâtrale de la Compagnie T2A m'est venu l'idée de fouiller dans mes archives pour faire émerger quelques documents.
L'Opéra de Quat'sous… sans doute la pièce dont j'ai vu jouer le plus de versions différentes en concurrence avec le Dom Juan de Molière).
A tout seigneur tout honneur, je commencerais par un dossier édité par le Théâtre de l'Est Parisien (TEP) en 1974 (la première version à laquelle j'ai assisté, dans la mise en scène de Guy Rétoré). C'était l'habitude durant cette période du TEP d'éditer pour chaque spectacle un dossier contenant reproduction de gravures et textes. Je reproduirais donc ci-dessous quelques documents de ce dossier. Parmi les textes, le plus intéressant est celui de Brecht lui-même sur la musique. Du côté de ses exégètes, il ne faut pas oublier que nous sommes alors en pleine période d'appropriation néo-stalinienne (pas toujours néo !) du dramaturge. Je ne résiste pas au plaisir de citer les précautions que prend un certain Arturo Lazzari pour introduire son commentaire sur l'Opéra : "En 1926, Elisabeth Hauptmann, traduisit de l'anglais, "l'Opéra des gueux" de John Gay ; Brecht, qui dans les années précédentes, s'était débarrassé de son passé expressionniste, dadaïste, anarchiste,…" (Oh ! St-Staline… protégez-nous du mal !).
L'Opéra de Quat'sous… sans doute la pièce dont j'ai vu jouer le plus de versions différentes en concurrence avec le Dom Juan de Molière).
A tout seigneur tout honneur, je commencerais par un dossier édité par le Théâtre de l'Est Parisien (TEP) en 1974 (la première version à laquelle j'ai assisté, dans la mise en scène de Guy Rétoré). C'était l'habitude durant cette période du TEP d'éditer pour chaque spectacle un dossier contenant reproduction de gravures et textes. Je reproduirais donc ci-dessous quelques documents de ce dossier. Parmi les textes, le plus intéressant est celui de Brecht lui-même sur la musique. Du côté de ses exégètes, il ne faut pas oublier que nous sommes alors en pleine période d'appropriation néo-stalinienne (pas toujours néo !) du dramaturge. Je ne résiste pas au plaisir de citer les précautions que prend un certain Arturo Lazzari pour introduire son commentaire sur l'Opéra : "En 1926, Elisabeth Hauptmann, traduisit de l'anglais, "l'Opéra des gueux" de John Gay ; Brecht, qui dans les années précédentes, s'était débarrassé de son passé expressionniste, dadaïste, anarchiste,…" (Oh ! St-Staline… protégez-nous du mal !).
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| Couverture dossier Opéra de quat'sous |
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| Présentation dossier Opéra de Quat'sous |
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| A l'origine du texte, L'Opéra du Gueux (parfois nommé comme ici "des gueux". |
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| Sainte Alliance. Dessin de Thomas-Théodor HEINE (1867-1948), un des fondateurs du journal satirique allemand "Simplissimus". |
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| L'IMPORTANCE DES SONGS POUR BRECHT |
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| George GROSZ (1893-1959) |
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| Deux filles. PASCIN (1885-1930) |
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| Bernard DORT (1929-1994) |
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| Sketch. Dessin de Otto DIX (1891-1969) |
mercredi 8 octobre 2014
Rencontre avec Tadeusz Różewicz
Mardi 7 octobre 2014. Hier, il pleuvait,… Demain, il pleuvra,… Quand à aujourd'hui !
Il faut du courage pour mettre le nez dehors, surtout s'il s'agit d'assister à un court spectacle (?) intitulé Rencontre avec Tadeusz Różewicz. Ceci en référence à un poète/auteur polonais, décédé il y a quelques mois, dont tout ce que je sais est que je n'en ai jamais entendu parler (caractéristique peu personnelle !). Rien qu'au titre, on sent venir la démonstration intello-soporifique ! Les critères incitant à se bouger ne sont qu'indirectement liés au spectacle (??) lui-même. Il s'agit d'une représentation du Cratère d'Alès en décentralisation à Anduze (5 mn en voiture !). Et elle est due à la Compagnie Machine Théâtre, une des meilleures de notre région, qui n'a pas pour habitude de secréter l'ennui ou l'indifférence.
Première surprise, une audience numériquement correcte, bien que composée de spectateurs visiblement aussi ignorants que moi de ce à quoi ils viennent assister.
Deuxième surprise, le spectacle lui-même.
Avant de débuter, quelques mots du metteur en scène de Machine Théâtre, Nicolas Oton, situant l'auteur, sa poésie et son théâtre, le désir de le faire connaître. Référence au théâtre de l'absurde et à Beckett. Beckett auquel on ne peut s'empêcher de penser tout au long du spectacle. A commencer par le magnétophone qui débite des poèmes de l'auteur, tellement semblable à celui de La dernière bande. On découvre une poésie directe, sans mièvrerie et pleurnicherie. Petite crainte au bout du troisième poème. Je me souviens de mon ennui à une représentation de La dernière bande,… qui semblait ne vouloir jamais s'arrêter de défiler. Et si j'allais revivre ce soir cet ennui ! Heureusement, il n'en est rien. Après quelques poèmes "sonores", c'est un des comédien qui prend la parole et nous fait partager, sans emphase et avec une grande sincérité, le trajet poétique de Różewicz. Aux antipodes de ces "poètes" qui pensent que l'on peut faire de la poésie dans un environnement confortable, à coup de "bons" sentiments, de "belles" images, de clichés et de métaphores ampoulées. On est ici au coeur de la plaie,… plaie qui saigne ou qui cicatrise mais qui reste toujours apparente.
Et puis mon imagination fait ressurgir l'image de Beckett dans la dernière partie de la soirée. Un souvenir remonte, celui de Fin de partie, et de "ma" poubelle de laquelle, il y a pas mal d'années, je suivais de jour en jour l'évolution des rapports entre Hamm et Clov. Les deux personnages de la pièce de Różewicz sont de la même trempe, si semblables et si différents de ceux de Beckett,… Le même enfermement.
Quand la lumière se rallume dans la salle, je suis content d'avoir non seulement "rencontré" mais découvert un auteur, une écriture,… En attendant de compléter la découverte par la représentation de La sortie de l'artiste de la faim — même auteur, même compagnie — dans un peu plus d'un mois.
Il faut du courage pour mettre le nez dehors, surtout s'il s'agit d'assister à un court spectacle (?) intitulé Rencontre avec Tadeusz Różewicz. Ceci en référence à un poète/auteur polonais, décédé il y a quelques mois, dont tout ce que je sais est que je n'en ai jamais entendu parler (caractéristique peu personnelle !). Rien qu'au titre, on sent venir la démonstration intello-soporifique ! Les critères incitant à se bouger ne sont qu'indirectement liés au spectacle (??) lui-même. Il s'agit d'une représentation du Cratère d'Alès en décentralisation à Anduze (5 mn en voiture !). Et elle est due à la Compagnie Machine Théâtre, une des meilleures de notre région, qui n'a pas pour habitude de secréter l'ennui ou l'indifférence.
Première surprise, une audience numériquement correcte, bien que composée de spectateurs visiblement aussi ignorants que moi de ce à quoi ils viennent assister.
Deuxième surprise, le spectacle lui-même.
Avant de débuter, quelques mots du metteur en scène de Machine Théâtre, Nicolas Oton, situant l'auteur, sa poésie et son théâtre, le désir de le faire connaître. Référence au théâtre de l'absurde et à Beckett. Beckett auquel on ne peut s'empêcher de penser tout au long du spectacle. A commencer par le magnétophone qui débite des poèmes de l'auteur, tellement semblable à celui de La dernière bande. On découvre une poésie directe, sans mièvrerie et pleurnicherie. Petite crainte au bout du troisième poème. Je me souviens de mon ennui à une représentation de La dernière bande,… qui semblait ne vouloir jamais s'arrêter de défiler. Et si j'allais revivre ce soir cet ennui ! Heureusement, il n'en est rien. Après quelques poèmes "sonores", c'est un des comédien qui prend la parole et nous fait partager, sans emphase et avec une grande sincérité, le trajet poétique de Różewicz. Aux antipodes de ces "poètes" qui pensent que l'on peut faire de la poésie dans un environnement confortable, à coup de "bons" sentiments, de "belles" images, de clichés et de métaphores ampoulées. On est ici au coeur de la plaie,… plaie qui saigne ou qui cicatrise mais qui reste toujours apparente.
Et puis mon imagination fait ressurgir l'image de Beckett dans la dernière partie de la soirée. Un souvenir remonte, celui de Fin de partie, et de "ma" poubelle de laquelle, il y a pas mal d'années, je suivais de jour en jour l'évolution des rapports entre Hamm et Clov. Les deux personnages de la pièce de Różewicz sont de la même trempe, si semblables et si différents de ceux de Beckett,… Le même enfermement.
Quand la lumière se rallume dans la salle, je suis content d'avoir non seulement "rencontré" mais découvert un auteur, une écriture,… En attendant de compléter la découverte par la représentation de La sortie de l'artiste de la faim — même auteur, même compagnie — dans un peu plus d'un mois.
lundi 8 septembre 2014
La pensée du jour (29 août 2014). Nietzsche : La naissance de la tragédie.
Dans la citation ci-dessous Nietzsche s'en prend en particulier à ce que plus tard Brecht critiquera à son tour : la dramaturgie dite Aristotélicienne et son idée de la "catharsis" ("purgation psychique" du spectateur par identification au comédien, et à travers lui au personnage) :
"Ce soulagement pathologique, la catharsis d'Aristote, au sujet de laquelle les philologues ne savent pas au juste si elle doit être classée parmi les phénomènes médicaux ou les phénomènes moraux" (Nietzsche)
"A la technique de l'illusion d'un art théâtral reposant sur l'identification, le nouvel art théâtral oppose la technique de ce que nous appelons les effets de distanciation… Les données brutes (situations, hommes, opinions, émotions, etc.) perdent, grâce aux effets de distanciation, leur statut d'évidence, ce qui signifie qu'on les dépouille de leur valeur d'a priori et leur confère les caractères de l'unique, de l'historique et du changeable" ( Brecht)
"Les plus nobles artistes escomptaient (…) l'excitation des sentiments moraux et religieux, et l'évocation vicariante de la "loi morale universelle" intervenait à l'endroit précis où le spectateur devait être fasciné par un effet artistique d'une puissance irrésistible. Ou bien quelque mouvement grandiose, tout au moins troublant, de la vie politique ou sociale contemporaine, était représenté par le dramaturge, si bien que l'auditeur pouvait oublier sa fatigue critique et s'abandonner aux sensations qu'il eût éprouvé à des époques d'enthousiasme patriotique ou belliqueux, ou devant la tribune du parlement, ou encore à la condamnation du crime et de l'infamie ; de sorte que cette méconnaissance des fins propres de l'art dut ça et là aboutir directement au culte du tendancieux. Mais alors il se produisit ce que l'on eut à constater de tout temps dans les arts factices : un abâtardissement très rapide de ces tendances ; au point que, par exemple, la tendance de faire du théâtre un instrument d'éducation morale du peuple… est classée désormais parmi les antiquités invraisemblables d'une culture abolie. Tandis que le critique détenait le pouvoir au théâtre et au concert, le journaliste à l'école, la presse dans la société, l'art dégénérait à n'être plus qu'un objet d'agrément de la plus basse espèce possible et la critique esthétique était utilisé comme le moyen de cohésion d'une sociabilité vaine, dissipée, égoïste et, par-dessus tout, misérablement vulgaire…"
(La Naissance de la tragédie, poche p. 163-4).
Autres "pensées du jour" :
- CITATION DE WILLIAM MORRIS
- CITATION DE MAURICE JOLY
- CITATION DE FRIEDRICH NIETZSCHE
- CITATIONS DE LA TRILOGIE D'ARNOLD WESKER
- CITATION DE ROBERT LOUIS STEVENSON
- Réflexions d'un scientifique : Jacques Testart
- CITATION EXTRAITE DU PARAGRAPHE FINAL DE "LA POLITIQUE ET LA LANGUE ANGLAISE" DE GEORGE ORWELL
- Citations relevées au Musée Magritte de Bruxelles
"Ce soulagement pathologique, la catharsis d'Aristote, au sujet de laquelle les philologues ne savent pas au juste si elle doit être classée parmi les phénomènes médicaux ou les phénomènes moraux" (Nietzsche)
"A la technique de l'illusion d'un art théâtral reposant sur l'identification, le nouvel art théâtral oppose la technique de ce que nous appelons les effets de distanciation… Les données brutes (situations, hommes, opinions, émotions, etc.) perdent, grâce aux effets de distanciation, leur statut d'évidence, ce qui signifie qu'on les dépouille de leur valeur d'a priori et leur confère les caractères de l'unique, de l'historique et du changeable" ( Brecht)
"Les plus nobles artistes escomptaient (…) l'excitation des sentiments moraux et religieux, et l'évocation vicariante de la "loi morale universelle" intervenait à l'endroit précis où le spectateur devait être fasciné par un effet artistique d'une puissance irrésistible. Ou bien quelque mouvement grandiose, tout au moins troublant, de la vie politique ou sociale contemporaine, était représenté par le dramaturge, si bien que l'auditeur pouvait oublier sa fatigue critique et s'abandonner aux sensations qu'il eût éprouvé à des époques d'enthousiasme patriotique ou belliqueux, ou devant la tribune du parlement, ou encore à la condamnation du crime et de l'infamie ; de sorte que cette méconnaissance des fins propres de l'art dut ça et là aboutir directement au culte du tendancieux. Mais alors il se produisit ce que l'on eut à constater de tout temps dans les arts factices : un abâtardissement très rapide de ces tendances ; au point que, par exemple, la tendance de faire du théâtre un instrument d'éducation morale du peuple… est classée désormais parmi les antiquités invraisemblables d'une culture abolie. Tandis que le critique détenait le pouvoir au théâtre et au concert, le journaliste à l'école, la presse dans la société, l'art dégénérait à n'être plus qu'un objet d'agrément de la plus basse espèce possible et la critique esthétique était utilisé comme le moyen de cohésion d'une sociabilité vaine, dissipée, égoïste et, par-dessus tout, misérablement vulgaire…"(La Naissance de la tragédie, poche p. 163-4).
Autres "pensées du jour" :
- CITATION DE WILLIAM MORRIS
- CITATION DE MAURICE JOLY
- CITATION DE FRIEDRICH NIETZSCHE
- CITATIONS DE LA TRILOGIE D'ARNOLD WESKER
- CITATION DE ROBERT LOUIS STEVENSON
- Réflexions d'un scientifique : Jacques Testart
- CITATION EXTRAITE DU PARAGRAPHE FINAL DE "LA POLITIQUE ET LA LANGUE ANGLAISE" DE GEORGE ORWELL
- Citations relevées au Musée Magritte de Bruxelles
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