lundi 11 mai 2020

VOLEUR : note d'auteur.

Pièce: Voleur.

1-3 F, 2 H

Personnages :

Georges, à la fois l’auteur Georges Darien et son personnage.

Charlotte, jeune femme brune, cousine de Georges.

L’abbé Felix La Margelle

Renée, femme du monde, rousse.

Geneviève, femme entretenue, blonde.


Les 3 femmes ne se rencontrent jamais.


Note d’auteur.

1. Contenu :
La pièce « Voleur » est très librement inspirée du roman « Le Voleur »[1] ainsi que d’éléments biographiques concernant l’auteur Georges Darien.
« Le Voleur » est l’histoire d’un homme, tôt orphelin, confié à un oncle et tuteur qui le gruge. Pour se venger et se procurer de l’argent, il décide de se faire cambrioleur.

Des liens entre cette œuvre de fiction et des épisodes de la vie de Darien ont été supposés, mais jamais établis. Il a encouragé ces doutes en cultivant les zones d’ombre et en traçant de lui-même un portrait sans complaisance. Ainsi, dans Les Pharisiens, il se décrit ainsi :  "C'était une sorte de barbare intolérant et immiséricordieux. Il avait été très malheureux déjà, à différents titres. Et de la compulsion de ses souvenirs douloureux, il était entré en lui une grande haine des tortionnaires et un grand dégoût des torturés. De sorte qu'il lui arrivait de souhaiter ardemment le bonheur des misérables, tout en restant convaincu le plus souvent que la seule chose méritée qu'il pût leur advenir était d'être, de temps en temps, massacrés en masse. »

Dans la pièce, cette ambiguïté est totalement assumée : l’auteur (celui qui écrit l’histoire) et « Le Voleur » sont un même personnage. On trouve dans cette pièce un récit haut en couleur et des choix cohérents avec le roman :
 critique des rapports sociaux de domination et de pouvoir,...
2. Aspects formels :
Le texte est constitué de 14 fragments s’enchaînant selon la chronologie du récit. À l’exception du prologue, chaque fragment comporte deux personnages. La durée des enchaînements doit être la plus courte possible.
La pièce autorise une mise en scène minimaliste, sans décors multiples ou mises en place complexes. Les indications figurant au début de chaque fragment sont des pistes de recherche d’atmosphères et en aucun cas des indications scéniques. Une même simplicité est souhaitable pour d'éventuels accessoires.

3. Références sur Georges Darien (né Georges Hippolite Adrien) et son œuvre :

Un site très complet consacré à Georges Darien. Non seulement des informations biographiques, mais une bibliographie bien documentée.

Contient un résumé des chapitres du roman.

Interview de Jean-Claude Grumberg à propos des textes de G. Darien.


Texte de « Le Voleur ».



QUELQUES LIGNES DU PROLOGUE

GEORGES, seul et se parlant à lui-même — L’événement.
La cause de tous les mots…

Face public. Sourire de l’homme.

Les mots d’un homme d’honneur.
Qui ne craint pas de s’exprimer à haute voix. 
Qui sait vivre quand les autres végètent, marcher quand ils prennent des attitudes. Agir quand ils fonctionnent. 
Vivre à sa guise quand désirs et appétits sont réglés à l’avance. 
Sans toujours y réussir.
Cet homme, je l’appellerai… Georges (il se désigne lui-même). 
Bonne famille. 
Promis à un avenir radieux. 
Mais… il y a toujours un mais… 
Un événement qui barre la route.
Orphelin, il est spolié. Par un homme d’ordre, bien aimable et à l’égoïsme civilisé pour les étrangers. Une brute pour ses proches.
Je le nommerai… « mon oncle ». 
Tout est prêt pour faire partager l’écœurement qui a jalonné ma vie. Et les fruits de mon imagination qui ne sont pas moins repoussants.
Et que personne ne vienne me taxer de faussaire ou d’inventeur. 
Que l’on dise cela d’un Dumas, qui ne fut pas plus mousquetaire que Zola ne conduisit de locomotives. 
Mais pas de moi ! 
Quand j’ai écrit sur le bagne militaire des bataillons d’Afrique, je savais de quoi je parlais. J’y avais observé comment le besoin de servitude peut l’emporter sur le besoin de liberté...







[1] Seuls quelques personnages ou situations ont été conservés et des éléments non issus du roman ont été utilisés.

vendredi 1 mai 2020

Cinq minutes autour du polar

À propos du polar "Le sang sèche vite".

Extrait de l'émission "La voix au chapitre" du 10 octobre 2016 (Radio Grille Ouverte). Michel Caron répond aux questions de Jean-Paul Pascal.

 



lundi 27 avril 2020

Sept minutes avec le personnage de Mémoires d'Avant l'Exil

Pour écouter cliquer ici


Présentation du personnage de "Mémoires d'avant l'exil". Extrait de l'émission "La voix au chapitre" (Radio Grille Ouverte), du 9 avril 2018.


mardi 7 avril 2020

Ne pas écrire sur le confinement


Chronique des confins (20)

Michel Caron

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Un jour, une écriture – Le confinement porte en lui-même une intimité, une profondeur dont peuvent se saisir les écrivains et les écrivaines, notamment de théâtre et de poésie. Nous les avons sollicités, afin qu’ils offrent généreusement leurs mots, leur écriture des confins… Derrière l’humour qui inonde les réseaux sociaux, il y aura toujours besoin d’une parole qui porte un désir, une attente, un espoir, du sens.
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Ne pas écrire sur le confinement.
Une promesse que je me suis faite le 20 mars 2020.
Et puis le temps.
La réflexion.
Un retour sur mes écritures d’avant. Des thèmes qui s’entrecoupent : la nuit, l’enfermement. Un confinement qui conduit souvent à la mort. Celle que l’on subit ou celle que l’on donne.
Parfois la mort qui conduit à l’enfermement. Comment ne pas y songer lorsque l’on porte le nom du fils des Ténèbres et de la Nuit.
« Caron, avec des yeux que la colère enflamme,
Les pressait tour à tour et pressait de sa rame,
Tous ceux qui paraissaient tarder trop à partir
. » (Dante, Inferno)
Ma promesse s’est transformée : ne pas écrire sur mon confinement. Ne pas céder à cette soif de partager en toute urgence, sur les réseaux dits sociaux ou ailleurs, des épisodes fanés de son passé. Comme si quelque chose nécessitait de concourir à ce que les journalistes nomment la viande froide. Sa propre viande froide, sa nécrologie vivante.
Plutôt la vie de la forêt qui me fait face. La glycine blanche qui se couvre de coléoptères.
« Je cherche en vain une raison à pareille joie, mais je ne trouve rien et ne peux que rester dans l’étonnement. Je crois que le secret n’est rien d’autre que la vie elle-même ; l’obscurité profonde de la nuit est belle et douce comme du velours, si l’on sait bien la regarder. » (Rosa Luxemburg, Prison de Breslau, décembre 1917)
Il me faut laisser resurgir les projets d’écriture laissés de côté. Ou bien les abandonner, ne pas s’en encombrer pour laisser toute sa place à l’imagination.
À la liberté.
À l’inattendu.
Au refus de la soumission à l’actualité.
Écrire sur un aujourd’hui qui s’étire nonchalamment des premiers récits mythologiques à demain matin. Ou un autre matin.
Écrire pour le tiroir. Et pour ceux qui en sont absents, qui peut-être sont morts la nuit dernière ou il y a plusieurs siècles. Ceux pour qui ce n’est réellement pas une priorité. Qui ont du mal à comprendre que l’on puisse écrire dans de telles circonstances.
Écrire le silence et les bruits de la nuit.
La lumière et les ténèbres.
La vie.