vendredi 7 février 2020

Entrée d'auteurs, mars 2020












Très heureux d'avoir été sélectionné par les enseignants du Conservatoire de Nîmes à l'occasion de cette seconde "Entrée d'Auteurs" programmée par la scène nationale du Cratère d'Alès.
Une soirée sur le thème de L'Entreprise qui va comme un gant à ma pièce La Chemise. Il ne manque à mon bonheur que de voir un metteur en scène s'intéresser à ce texte et le porter au plateau.

Pour se procurer le texte de la pièce, cliquer sur ce lien.

Pour me contacter.

vendredi 10 janvier 2020

D'un Dialogue aux Enfers,… l'autre...


« Écoutez-moi et vous en jugerez. Il s'agit moins aujourd'hui de violenter les hommes que de les désarmer, de comprimer leurs passions politiques que de les effacer, de combattre leurs instincts que de les tromper, de proscrire leurs idées que de leur donner le change en se les appropriant. » (Propos prononcés par Machiavel dans le texte de Maurice Joly)


1983 - Le Petit Odéon (alors annexe de la Comédie Française) programme une adaptation par Pierre Franck du texte de Maurice Joly "Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu". Tout concoure à en faire un grand moment de théâtre : l'adaptation, la mise en scène dont la simplicité rivalise avec l'efficacité, et les deux comédiens : Michel Etcheverry et François Chaumette… époustouflant. Sans oublier bien entendu le texte de Maurice Joly, dont peu se souviennent qu'il conduisit son auteur en prison,… puis finalement au suicide.


Grande était alors la tentation de se reporter au texte initial pour retrouver et approfondir les réflexions de l'auteur. Surprise. Le texte était introuvable. Pas interdit. Pas épuisé. Banni ! Apparemment, y compris par les libraires eux-mêmes. Censure officieuse, auto-censure ? Il ne restait qu'à se mettre en chasse d'exemplaires d'occasion. Pas facile ! En attendant la réédition en 1992 par un éditeur courageux, Allia

Il restait aussi la possibilité d'une piqure de rappel. Une occasion eu fut donnée fin 1984 par la manifestation "Feux d'Automne" organisée pour le 20° anniversaire de la fondation du Théâtre Ecole de Montreuil (TEM). Le Dialogue figurait parmi les 24 spectacles programmés à cette occasion. Conclusion : non seulement le spectacle supportait d'être revu à un an d'intervalle, mais le plaisir, la jubilation, et l'admiration pour la performance des comédiens étaient aussi éclatants que lors de la première découverte du texte.



La suite… Il y a des textes qui vous poursuivent et vous poursuivront toujours ! D'autant plus que la comparaison entre le texte de Maurice Joly et la version de Pierre Franck montre à la fois la richesse du matériau de départ et l'apport de l'adaptateur faisant d'un texte long et non dépourvu de lourdeurs un texte percutant (et totalement d'actualité). La tentation était grande de profiter de cette richesse du texte pour commettre une nouvelle ré-écriture. .
Et puis finalement, j'en suis venu à me poser une question : que serait aujourd'hui l'enfer dans lequel pourrait s'affronter deux maîtres de la dialectique politicienne. Ceci ne pouvait que peser sur l'utilisation faite du texte de Maurice Joly.


LA CHEMISE

Une comédie grinçante sur les rapports "humains" dans le milieu de l'entreprise. 




Comment se procurer le texte de la pièce "La chemise" :

10 euros + 2 euros de participation aux frais d'expédition.

Éditions LES MANDARINES
Kergouarec, 56400 BREC’H - FRANCE 
http://lesmandarines.free.fr http://lesmandarines.free.fr/commande.html  
lesmandarines56@orange.fr 

mercredi 11 septembre 2019

George Orwell sur la guerre d'Espagne


Réflexions sur la guerre d'Espagne

George Orwell

Orwell rapporte une conversation qu'il a eue avec Koestler sur le totalitarisme en général, mais plus particulièrement à la guerre civile espagnole
" Je me rappelle avoir dit un jour à Arthur Koestler: «L'histoire s'est arrêtée en 1936», ce à quoi il a immédiatement acquiescé d'un hochement de tête. Nous pensions tous les deux au totalitarisme en général, mais plus particulièrement à la guerre civile espagnole. Tôt dans ma vie, j'ai remarqué qu'aucun événement n'est jamais relaté avec exactitude dans les journaux, mais en Espagne, pour la première fois, j'ai vu des articles de journaux qui n'avaient aucun rapport avec les faits, ni même l'allure d'un mensonge ordinaire. J'ai lu des articles faisant état de grandes batailles alors qu'il n'y avait eu aucun combat, et des silences complets lorsque des centaines d'hommes avaient été tués. J'ai vu des soldats qui avaient bravement combattu être dénoncés comme des lâches et des traîtres, et d'autres, qui n'avaient jamais tiré un coup de fusil, proclamés comme les héros de victoires imaginaires ; et je voyais à Londres des journaux qui rapportaient fidèlement ces mensonges et des intellectuels enthousiastes bâtissant des superstructures émotionnelles à partir de ces évènements fictifs. J'ai vu, en fait, l'histoire rédigée non pas conformément à ce qui s'était réellement passé, mais à ce qui était censé s'être passé selon les diverses «lignes de parti». Mais là n'était pas le pire, car cela concernait des questions secondaires comme la lutte pour le pouvoir qui opposait le Komintern et les partis de gauche, et les efforts du gouvernement russe pour empêcher la révolution en Espagne [ ... ]. Ce genre de choses me terrifie, parce qu'il me donne l'impression que la notion même de vérité objective est en train de disparaître de ce monde. Après tout il est fort possible que ces mensonges ou du moins des mensonges semblables passeront dans l'histoire [ ... ]. À toutes fins utiles, le mensonge sera devenu vérité [ .. .]. 
L'aboutissement implicite de ce mode de pensée est un monde cauchemardesque dans lequel le Chef, ou quelque clique dirigeante, contrôle non seulement l'avenir, mais le passé. Si le Chef dit de tel événement qu'il ne s'est jamais produit, alors il ne s'est jamais produit. S'il dit que deux et deux font cinq, alors deux et deux font cinq. Cette perspective m'effraie beaucoup plus que les bombes - et après nos expériences des quelques dernières années, il ne s'agit pas d'une conjecture frivole."